Chez Cristia

 

 

« Tico »


 

 

Nous sommes devenus propriétaires de Tico, le 7 novembre 1983.

L'histoire débuta lorsque j'eus un pré-cancer à l'utérus. Angelo, le patron de Pierre mais un bon ami à nous... décida de réaliser mon rêve, celui de posséder un cheval.

Cliquez ici pour voir des photos de Tico

Angelo possédait une boucherie et achetait régulièrement des veaux à l'encan de Saint-Hyacinthe. Cette semaine là, il nous emmena avec lui dans le but de trouver le fameux cheval qui me rendrait si heureuse.

Avant l'encan, nous avons fait la tournée des chevaux à vendre mais aucun n'avait fait battre mon coeur. Là, assise dans l'estrade à regarder les chevaux passer dans l'arène et à vérifier si mes acolytes assis plus bas, renchérissaient sur l'un ou l'autre, je vois arriver ce fameux cheval picoté, un appaloosa et mon coeur se met à battre la chamade.

De loin, il m'apparaissait très beau, bien conformé et de fière allure. Malheureusement quelques minutes plus tard, son attitude envers les travailleurs dans l'arène arrêta mon coeur de battre (au figuré). Mon seul espoir était que Pierre et Angelo ne renchérissent pas sur celui là, mais comme de raison, leurs choix s'arrêtèrent sur lui.

Il devait avoir 4 ou 5 ans pas plus et du caractère à revendre car juste à entendre le son du fouet, le faisait ruer à répétitions. Je ne voulais pas de ce cheval pour tout l'or au monde et je fis signe à Pierre "non, je n'en veux pas", mais mon opinion ne compta pas du tout. Je crois bien que seulement Angelo renchérissait sur lui car malgré sa bonne conformation, l'attitude du cheval découragea tout acheteur éventuel mis à part ceux qui était là pour la viande et Angelo le décocha pour la modique somme de $270.72.

Vers 7 heures le lendemain matin, le cheval nous fut livré à l'écurie par le transporteur qui emmenait les veaux à l'abattoir. Nous avions passé la nuit là, à l'attendre. Tico semblait plus calme que la veille et malgré mon ressentiment, j'étais fière de posséder enfin mon propre cheval. Un très beau cadeau qu'Angelo nous avait fait et nous lui en étions très reconnaissants.

Je n'ai jamais monté Tico par manque de confiance en moi et surtout en lui, faut le dire. Pour un rien, ce cheval était sur deux pattes et je n'avais aucunement le goût de vivre cette expérience. Très possible qu'avec moi, il aurait été plus calme car certains chevaux préfèrent les femmes qui sont habituellement plus douces que les hommes, et d'autres comme mon cher Rusty dont vous pourrez lire l'histoire très bientôt, préfèrent les hommes mais je n'ai jamais voulu tenter la chance.

En plus, lorsque les gars s'amusaient à courser, Tico était toujours le gagnant alors imaginez si je l'avais monté et que l'idée lui était venue de partir au galop, je crois bien que je serais morte d'une crise cardiaque. D'ailleurs Rusty me l'a déjà fait et j'ai presque fait une crise :) (joke).

Je ne voudrais pas oublier de mentionner que lors de son achat, nous avions vérifié si Tico était castré (châtré, guilding, hongre) et il n'avait pas de testicules. Le temps s'est chargé de nous apprendre que possiblement sa castration avait eu lieu trop tard et il avait conservé ses attitudes d'étalon, très possible que cela eût été fait juste avant que l'on ne devienne ses propriétaires.

Un jour que nous le rentrions à l'écurie après une promenade, il monta Zezette... nous prenant par surprise, nous n'avons pu l'en empêcher donc suite à la vente de Tico et Zezette, nous apprîmes que cette dernière était pleine (en gestation). Je me suis toujours demandée si par hasard, Tico n'en était pas le père.

Le 20 mai 1984 fut le jour fatidique! Ce jour emmena la vente de Tico.

Nous franchissions l'étape de l'achat d'une maison et à bien considérer, le prix des pensions (Tico et Zezette) nous restreindrait dans notre budget étant donné que je ne travaillais pas. Nous décidâmes d'un commun accord que la maison serait notre ultime but et que lorsque les moyens nous le permettraient, nous penserions à l'achat d'un autre cheval.

Grâce à Tico, notre expérience via les chevaux s'améliora et nous ne l'oublierons jamais car malgré toutes ses folies, nous l'aimions. Le plaisir que j'en ai eu, a été d'en prendre soin... ma règle d'or vis-à-vis les animaux.

Paraîtrait que quelques temps plus tard, l'acheteur de Tico l'a revendu après avoir fait une chute. Je crois bien qu'il n'y avait que Pierre pour endurer que le cheval se monte sans arrêt et j'espère tout simplement qu'il n'a pas mangé une raclée ou qu'il n'a pas fini à l'abattoir!


Retour à l'accueil
Copyright ©Chez Cristia. Tous droits réservés.