Chez Cristia

 

Ma première balade!

 

Désolée, je n'ai pas de photos de moi à 9 ans!

Nous sommes à l'été de 1962 et s'amorce pour mon frère et moi, une série de vacances d'été sur la ferme d'une tante dans un petit village de la Beauce.

Pour les enfants de la ville que nous étions tout de la ferme était émerveillement et que de souvenirs extraordinaires se rattachent à cette époque et me reviennent à l'esprit.

Je me revois... à nourrir au biberon, les brebis délaissées par leurs mères… à courir derrière les vaches pour les ramener à l'étable et être déçue de mon incapacité à les traire... à lécher le gros carré de sel avant que les vaches s'en délectent… à jouer à la cachette dans le foin de la grange... Tous ces souvenirs font naître en moi un sentiment de nostalgie.

Laissez-moi vous raconter une anecdote de mes vacances d’été qui influença par la suite, ma vision des chevaux.

Par un bel après-midi où le soleil brillait de toute sa splendeur, mon cousin me proposa une balade au champ dans le but de ramener la jument à la ferme. Une très longue marche nous attendait car le pâturage était à perte de vue.

Après avoir rejoint Girl, une jument belge mesurant dans les 16 mains et plus, il me hissa sur son dos et sauta derrière moi. Il commanda la jument et elle partit dans un galop effréné.

Mes cheveux volant au vent, je me sentais bercée par les mouvements du cheval, m'agrippant avec force à sa crinière. Je ressentais une ivresse indescriptible, une impression de liberté lorsque tout à coup Girl s'arrêta.

Dans un grand éclat de rire, je tournai la tête vers mon cousin mais à ma grande surprise, il avait disparu. Prise de panique, je m'accrochai au cou de Girl en balayant le paysage du regard, pas de cousin à l'horizon. Imaginez ma détresse toute seule dans un champ sur le dos d'un si grand cheval et inutile de vous dire qu'à 9 ans, haute comme trois pommes, je me sentais très petite sur Girl. Pas question de sauter en bas, la jument était beaucoup trop grande.

Mon imagination s'en donnait à coeur joie et ma plus grande peur était que la jument s'affole et parte au galop. J'étais au bord des larmes lorsque je vis mon cousin arriver en courant, je ressentis donc un grand soulagement.

Il me raconta que le départ au galop de la jument lui avait fait perdre l'équilibre et ne pouvant se retenir, il était tombé. Donc tout ce galop, je l'avais fait seule sur la jument avec seulement la crinière pour me tenir. Nous avons ramené Girl à la maison mais cette fois en marchant à coté d'elle.

Voilà l'histoire de mon deuxième contact avec les chevaux qui malheureusement, me laissa craintive.


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