Tu m'as demandé de t'écrire une histoire vraie d'un moment de ma vie qui m'a marquée alors voici. J'espère que j'ai bien compris ce que tu voulais et que ce petit texte fera ton affaire….
Comme tu le sais déjà, je suis une amoureuse de tout ce qui vit, j'ai le plus grand respect pour tous les êtres qui peuplent cette terre et qui ont les mêmes droits que moi à la vie. Hors, un beau matin, il y a de ça une vingtaine d'années, par un beau matin de juillet, je suis dehors dans le gazon, chez mes parents et je trouve un oisillon qui est tombé du nid. Il n'a que quelques jours et ses yeux ne sont pas encore ouverts et il est impossible pour moi de le remettre à sa mère, le nid étant trop haut et il m'est aussi impossible de le laisser là puisqu'un chat a déjà remarqué sa présence par les cris de frayeur qu'il émet. Je décide donc de le ramasser et d'essayer de lui venir en aide.
Bof, les gens te diront que c'est stupide et qu'il s’agit d'un vulgaire moineau mais je suis incapable de le laisser en pâture à ce chat qui se lèche déjà les babines de ce futur repas. Donc, je le ramasse, lui fais un nid dans la maison et décide de tout faire pour qu'il puisse grandir et devenir fort. Tous les jours, pendant un mois, à tous les quatre heures, je le nourris, lui fais sa toilette et nettoie le nid comme une bonne mère moineau le ferait. Il est très difficile de réchapper un oisillon de cet âge puisqu'il ne fait rien par lui-même et que son estomac est très fragile à tout ce qui n'est pas son normal quotidien.
Au bout de quelques jours, ses yeux s'ouvrent et un lien très bizarre le relie à moi. Il m'appelle lorsque je tarde un peu à le nourrir, il s'énerve puis se calme quand ma main le prend et le réchauffe. Ces plumes commencent à apparaître et il devient fort et enjoué.
Après trois semaines de ce régime très sévère, il commence à voler, je n'ai plus besoin de le prendre pour lui donner la portion de cette mixture que je lui prépare tous les jours, j'ouvre la cage et il vient de lui-même se poser sur ma tête en quête de son repas. Il commence à manger des graines et prend de plus en plus de force alors tous les matins, j'ouvre sa cage et il passe la majeure partie de son temps sur mon épaule à explorer son nouvel environnement.
Au bout de quelques semaines, il est adulte et fait ma joie. Imagine, un simple moineau qui peut meubler l'univers d'un humain de si belle façon.
Puis, un beau matin, sous l'insistance de ma mère et de ma soeur, je décide de remettre mon ami dans son environnement donc je l'amène avec moi dehors et le regarde s'envoler vers sa vie dans cette immensité de la nature. Cinq secondes ont suffies pour le voir disparaître dans le ciel tout bleu de ce matin là.
Je ne revis pas mon ami cette journée la mais le lendemain matin, avec l'horreur dans mon coeur, je le trouvai sur le balcon, complètement épuisé. Je le pris, lui refis un nid dans la maison en espérant qu'il pourrait se reposer et reprendre des forces mais son expérience l'avait trop affaibli et il est mort en après-midi.
J'ai vécu la colère, et la frustration d'avoir écouter les gens qui me pressaient de lui remettre sa liberté. Sa liberté, elle était avec moi, il ne connaissait rien d'autre et s'en serait probablement contenter si j'avais décidé de le garder mais non, il a fallu que je lui offre ce qu'il ne voulait pas avoir et il en est mort de peur.
C'est cette journée là que j'ai vraiment compris le sens de la phrase «On est responsable de ce qu'on apprivoise.» Que ce soit humain ou bête, on est responsable des liens qu'on a réussi à tisser entre nous et il faut tout faire pour les préserver.
Voilà, je ne sais pas si cette histoire remplit tes attentes mais elle est vraie et encore aujourd'hui, quand je pense à lui, j'ai un pincement au coeur. Imagines, un simple moineau…